Histoires et légendes

Légende de la Vingeanne

Chapelle du Frêne

Saint Vallier

Madame Sans-Gêne

La terre de TALMAY

Prise d'otage de MAXILLY TALMAY

La medecine à TALMAY

La bataille de MANTOCHE

La légende de la Vingeanne


La Vingeanne!... Rivière bourguignonne au nom tendre et chantant, elle prend sa source au flan du Plateau de Langres, dans la Haute-Marne, à Aprey, au creux d'un Val étroit appelé Combe-Ragot. Elle sort sous un léger talus, parmi des cailloux et entre les racines d'un grand frêne qui l'abrite. Elle est humble, cachée, mais déjà charmante, comme devait l'être la Dame du Seigneur d'Aprey qui lui donna son nom.
Car eh! oui! c'est une belle jeune femme qui fut, sans le vouloir et sans l'avoir jamais su, la marraine de la VINGEANNE. Touchante Histoire :
Il fut à Aprey, aux temps féodaux, un bon Seigneur qui, pour sa femme nommée Jeanne, avait une affection sans borne. Tous deux étaient tendres et épris de poésie, ils s'aimaient du véritable Amour. Leur promenade préférée était d'aller dans ce val étroit et profond, au milieu des forêts, où l'on voyait sourdre une jolie source. Il y avait là une table et des bancs de pierre, sous de grands arbres. Tous deux s'y arrêtaient, se prenaient les mains et écoutaient battre leur cœurs, au rythme desquels se mêlaient le chant des oiseaux et le murmure de l'eau. Ils restaient longtemps, puis revenaient lentement dans la paix du soir, lorsque l'Angélus s'envolait des clochers des chapelles, dans les villages accrochés aux coteaux.
Or, un certain hiver, la Dame tomba malade et mourut. Le Seigneur, inconsolable, revint chaque dimanche auprès de la source, y rêvant à son bonheur passé. Un jour que sa peine était plus grande, de la pointe du stylet qu'il portait toujours sur lui, il grava ces mots dans la pierre : << Ici, vint Jeanne >>. Les paysans répétèrent : << Là, vint Jeanne >>.
La courte phrase se transforma, le verbe et le sujet se joignirent, et la rivière en garda son joli nom.

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Note succincte sur l'origine de la chapelle de Notre-Dame du Frêne

L'histoire de la chapelle du Frêne est associée à celle de la fontaine qui coule à quelques mètres et qui est à l'origine du pèlerinage qui vous y conduit aujourd'hui.

Cette fontaine du Frêne fut l'objet d'un culte dés les temps les plus reculés. Comme pour beaucoup d'autres qui étaient sous la protection d'une déesse mère, celle-ci fut placée par les chrétiens désireux de faciliter le passage d'un culte à un autre, sous l'invocation de la Vierge
Marie, appelée par le christianisme << source d'eaux vives>> et <<Fontaine des jardins>>.

D'autre part, à Talmay le culte de l'arbre voisinait avec celui des eaux, et la tradition rapporte qu'une statue de la vierge, placée dans le tronc d'un chêne non loin de cette Fontaine, fut le but de fréquents pèlerinages; on en trouve la trace écrite dans les comptes de la fabrique et de la communauté, à partir du 17ème siècle, comme étant la continuation de très anciens usages.

L'antique Madone du Frêne, qui représente la Vierge Mère assise sur un siège à dossier, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, rappelle les déesses mères auxquelles on la substitua. Sculptée dans un bloc de pierre de 49 centimètres de haut, elle ne remonte pas au-delà du
16ème siècle mais remplace sûrement de plus anciennes images de la même forme.

La statuette en bois de chêne (13 centimètres) fut sculptée au 18ème siècle dans le tronc du chêne qui avait servi d'abri à la statuette de pierre.
Son histoire est curieuse : pendant la révolution, Jean Fourneret, habitant de Talmay, la cacha chez lui, et un de ses fils l'emporta dans son sac et fit ainsi toutes les campagnes du premier empire, sans recevoir une seule blessure. Un autre de ses fils demanda à ce qu'elle soit placée dans son cercueil. Finalement, elle fut retrouvée en 1873. Restaurée par les soins du curé de la paroisse, elle fut reportée à la chapelle en procession, en même temps que la statue de pierre qui venait d'être repeinte.
Plus de mille deux cents personnes des paroisses de Talmay, Heuilley, Jancigny et Renève, Essertenne et Mantoche assistèrent à cette cérémonie. Ils rappelaient ainsi qu'au début du 18èmè siècle les habitants de Talmay s'étaient mis sous la protection de la Vierge, et par un vœu signé en 1710 s'étaient solennellement à se rendre en pèlerinage, le jour de la Visitation, à la chapelle du Frêne.

La première chapelle édifiée en ce lieu était un modeste édifice couvert de roseaux dont l'autel était adossé au tronc d'un vieux chêne. Cet arbre énorme périt par l'arrachement continuel de son écorce par les pèlerins qui en emportaient des morceaux pour se préserver d'accidents. Cet édifice fut réparé en 1720, mais finalement tomba en ruines en 1746.

Grâce à la générosité des habitants, la chapelle fut reconstruite en pierre, à quelques mètres en amont de la fontaine, en 1748. Cette date figure sur le linteau de l'ancienne porte qui sert aujourd'hui de seuil à la chapelle agrandie.
A cette même époque la fabrique de Talmay faisait planter, de tilleuls et de frênes l'avenue qui conduit de l'oratoire à la fontaine. Le clocher actuel date de 1880.

Plus de 2000 personnes assistèrent à la bénédiction de la chapelle, le 3mai 1780. Au cours du 19ème siècle, par deux fois, la paroisse de Talmay invoqua Notre-Dame du Frêne à l'occasion du choléra, et les deux fois, le fléau cessa.

Nombreux sont les habitants de Talmay qui continuèrent longtemps à puiser de l'eau à la fontaine et à invoquer la protection de Notre-Dame du Frêne.

De nos jours, lorsqu'un pèlerinage a lieu le dimanche, ils sont encore nombreux à y prendre part. Les protections de Notre-Dame du Frêne ne sont pas épuisées.

Fait à Talmay,
A la demande des pèlerins
Juin 1982

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Saint Vallier ,Saint patron de la commune de Talmay

Vers 411, les Vandales envahissent la Gaule. Ils s'emparent de la ville de Langres (Diocèse dont Talmay dépendait à l'époque) et tuent l'évêque de cette ville Saint-Didier.
Après le martyre de son évêque, l'archidiacre Vallier, rallia les chrétiens dispersés et essaya d'assurer leur salut par la fuite. Ils se dirigeaient vers les montagnes du Jura, quand arrivés dans un lieu appelé Portus Bucinus (Port Saint-Pierre), Saint Vallier fut saisi par l'ennemi et décapité (scène immortalisée sur un vitrail dans le cœur de l'église de Talmay) . Son corps fut enseveli non loin de là, par ses compagnons qui avaient réussi à s'échapper.
Peu à peu, le souvenir de Saint Vallier s'est effacé, et on ignorait même le lieu de sa sépulture.
Voici dans quelles circonstances elle fut retrouvée :
Environ au milieu du VI èmes siècle, un guerrier du nom de Gaudericus, se dirigeant avec son armée vers l'Italie, fut miraculeusement informé, dans son sommeil, que sa troupe campait sur le lieu même où étaient ensevelis les restes du Saint-marthyr. Une voix céleste lui promit la victoire s'il s'engageait à construire, à son retour, une église en son honneur.
Gaudericus fit cette promesse et revenu saint et sauf. Il fit élever, au lieu indiqué, un modeste oratoire, avec l'espoir d'y fonder plus tard un édifice plus grand et plus en rapport avec les mérites du saint qui l'avait protégé. La mort l'empêcha de réaliser ce projet. Mais l'évêque qui gouvernait alors le diocèse de Langres remplaça l'oratoire par une église plus vaste où les populations voisines se rendaient en pèlerinage.
Tels sont les fait rapportés par la légende.

Marguerite Laurent, d'après Gabriel Dumay (mai 1894)

Quelques précisions :

· Un morceau de l'épine dorsale de Saint-Vallier est conservé à l'église de Talmay.
· Fête patronale le 3ème dimanche d'octobre.

 

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Marie-Thérèse Figueur dite Madame Sans-Gêne


Le 16 janvier 1774, est née à Talmay Marie-Thérèse Figueur de Claudine Viard et François Figueur. Sa mère mourut en la mettant au monde.
C'est cette enfant, à l'existence aventureuse, au caractère masculin, qui fut surnommée plus tard Madame Sans-Gêne.
Thérèse avait à peine neuf ans lorsqu'elle perdit son père. Un frère de sa mère, Joseph Viard, qui était alors sous-lieutenant la recueillit. A peine avait elle fait sa première communion, que son oncle l'emmena à Avignon. Devenu capitaine, Joseph Viard qui commandait une compagnie de canonniers dans l'armée fédéraliste, lui permit de prendre le costume militaire. Mais les fédéralistes d'Avignon furent bientôt battus par les troupes du général Carteaux, qui commandait la légion des Allobroges. Prisonnière du général, elle consentit non sans peine à servir sous ses ordres. C'est alors que l'indépendance de son caractère la fit surnommer Sans-Gêne.
Son engagement date du 9 juillet 1793.
Thérèse Figueur fit ses premières armes devant Toulon. Punie par un officier, parce qu'elle n 'avait pas été assez rapide pour porter un message. En parlant de lui elle disait : <<C'est ce petit moricaud. >> Il s'appelait Bonaparte.
A cette époque même Sans-Gêne reçu sa première blessure. En quittant Toulon, les chasseurs Allobroges furent incorporés au 15éme régiment de dragons. L'un de ses faits d'armes le plus connu fut le sauvetage du général Noguez, gravement blessé d'une balle à la tête.
Enthousiasmé par tant de courage, un adjudant général qui s'était épris de Sans-Gêne lui demanda de l'épouser. Alors que le couple était en présence du maire, Sans-Gêne déclara qu'elle ne voulait pas se marier.
Lorsqu'en l'an VII, le 15èmedragon s'embarqua pour l'Egypte, elle fut incorporée au 9éme régiment de la même arme.
Pendant la campagne de 1805 Sans-Gêne assista à la bataille d'Austerlitz, puis au mois d'octobre suivant à la bataille d'Iéna.
Sans_Gêne prit part à tous les combats qui se livrèrent aux environ de la ville de Burgos en Espagne. A la fin d'une journée de juillet 1812, elle fut capturée puis transférée en Angleterre.
A la suite des revers de Napoléon, en 1814, Sans-Gêne fut rendue à la liberté et renvoyée en France.
Le 2 juillet 1818, à quarante-quatre ans, Sans-Gêne épousa Clément Sutter un ami d'enfance. Clément mourut le 19 février 1829.
Madame Sans-Gêne, on l'appelait toujours ainsi, vécut tristement jusqu'à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Elle était très pauvre, et cependant sa charité faisait l'étonnement de tous ses voisins. En 1839, elle demanda à entrer à l'hospice des Ménages, et n'obtint cette faveur que le 22 avril 1841. C'est là que vingt ans après elle mourut, le 4 janvier 1861. Sans-Gêne n'obtint jamais la Légion d'honneur qu'elle avait si souvent méritée sur les champs de bataille. Ce fut le désespoir de sa vie.
Sa mort passa inaperçue. On n'avait pas, alors, comme aujourd'hui le culte des héros.
Et cependant, que d'hommes n'auraient pas accompli le quart des actions d'éclat de cette femme valeureuse.

Talmay a donc, comme Domrémy, son héroïne. Il était juste d'en rappeler le souvenir.

D'après Gabriel Dumay.

Les femmes dans les Armées de Napoléon (autre texte sur Thérèse Figueur)

Enfin, voici Thérèse Figueur, dite Mlle Sans-Gêne (la "vraie" !). D'elle, dans une lettre au colonel Coulommier, le général comte Cafarelli disait : Je n'ai jamais connu de soldat plus brave ! Née à Talmay, près de Dijon, le 17 janvier 1774, orpheline l'âge de neuf ans, Thérèse se trouve en Avignon avec son oncle, Joseph Viart, sous-lieutenant dans le régiment de Dienne-Infanterie, qui l'a recueillie lorsque la province, irritée par la proscription des Girondins par la Convention le 2 juin 1793, se rebelle contre Paris et arme des troupes. La Convention leur donne le nom de Fédéralistes. Parmi eux, Thérèse Figueur qui confesse avoir eu, à cette époque, des sympathies royalistes. Soldats d'occasion, les Fédéralistes ne tiennent pas devant les Républicains du général Carteaux, et la troupe avec laquelle combat Thérèse Figueur en tenue de canonnier - habit bleu de roi, pantalon de coutil rayé bleu et blanc - est défaite près de Marseille. Emmenée prisonnière à Lambesc malgré de très véhémentes protestations, dans lesquelles son sobriquet puiserait son origine (ou peut-être après on son enrôlement), la jeune fille soldat se voit confrontée à une alternative simple : l'enrôlement sous la bannière de la République ou le "rasoir national" (entendez: la guillotine). Sagement, elle choisit le premier terme, et s'enrôle dans la Légion des Allobroges. A l'automne 1793, elle se retrouve au siège de Toulon (elle est blessée à la poitrine) auquel l'un des subordonnés du général en chef, Dugommier, prend une part active avec ses canons pour chasser les Anglais qui occupent la ville. Ce subordonné deviendra célèbre sous le nom de Napoléon.
Mlle Sans-Gêne guerroie ensuite à l'armée des Pyrénées-Orientales en lutte contre les Espagnols. Là, lorsque le Comité de Salut Public décrète que les femmes ne pourront plus servir dans l'armée française, les officiers de l'armée des Pyrénées orientales signent une pétition pour demander une exception pour Thérèse : celle-ci peut rester.
Elle fait ensuite la deuxième campagne d'Italie. Sa conduite lui attire une certaine sympathie de la part de Bonaparte qui l'invite à venir tenir le rôle de dame de compagnie auprès de Joséphine. En dépit des avantages attachés à la fonction, Thérèse se lasse vite de cette existence douillette et morne.
L'Empire fraîchement institué lui permet de reprendre définitivement le collier militaire. Attachée au régiment de dragons, la demoiselle Sans-Gêne assiste "couverte de boue des pieds la tête et la figure toute noire de poudre", à la capitulation d'Ulm, qui, le 20 octobre 1805, oblige dix-huit généraux autrichiens et vingt-cinq mille soldats à défiler devant leurs vainqueurs.
La bataille d'Austerlitz ne laisse, le croira-t-on, aucune impression particulière à Thérèse ! Mais celle d'Iéna, 9 mois plus tard, lui donne la satisfaction du devoir (bien) accompli, car elle a fait sa "petite partie dans le grand concert que nous donnâmes dans les plaines d'Iéna à messieurs les Prussiens".
Peu après, grièvement blessée sur la route de Berlin lors d'une chute de cheval, le dragon Figueur revient à Paris par petites étapes. Elle est soignée à l'hôpital de la Charité, puis, encore très affaiblie par ses blessures, elle reste dix-huit mois hors du service, pratiquement confinée dans la chambre qu'elle loue rue de Bourgogne.
En 1809 elle est en Espagne où le régiment de la Jeune Garde auquel elle a été attachée doit aller combattre dans la région de Séville, mais ne dépassera pas Burgos, une guérilla particulièrement active et efficace interdisant tout long déplacement à quiconque souhaitait arriver entier à destination. Thérèse fait donc le coup de sabre autour de Burgos, tout en réussissant un véritable exploit : être adoptée par la population du lieu. Le soldat s'effaçant devant la femme, Thérèse distribue du pain aux mendiants, nombreux dans la ville, aide à soigner les malades et les blessés dans les hôpitaux, et elle recueille même les chiens errants dont l'alcade a ordonné l'extermination. Ces braves chiens justifieront la protection dont ils ont bénéficié en escortant les convois qu'ils avertissaient, par leurs aboiements, de l'embuscade toute proche: "Vous voyez, dira plus tard cette bonne Samaritaine, qu'il y a du bon dans toute forme de compassion."
La chance vacille un jour de la fin du mois de juillet 1812 : alors qu'elle se promène sans escorte aux alentours de Burgos, Thérèse est faite prisonnière par le célèbre chef guérillero - un curé ! - Geronimo Merino. L'humanité et le dévouement qu'elle a manifestés envers les Espagnols lui valent cependant un régime de faveur : elle n'est ni violée, ni torturée, ni découpée en quartiers. Merino la remet à un régiment écossais dans lequel, quoique prisonnière, elle est heureuse de retrouver la fraternité des armes, mais pas pour longtemps, car elle est confiée aux Portugais. Insultes, crachats, nourriture et cachots infects, rien ne distingue la geôle de Lisbonne de son équivalent espagnol.
Puis, c'est la délivrance, sinon la liberté. En compagnie d'autres prisonniers, elle est embarquée à destination de l'Angleterre. Après trente-neuf jours de mer, elle arrive à Lymington, près de Southampton. Assignée à résidence dans le village de Bolderwood, elle est logée chez un tailleur fort courtois qui lui loue un "petit parloir très propre avec un lit dans une armoire". Comme prisonnier de guerre, il lui est alloué un petit pécule de cinq shillings par jour. Avec la viande à un shilling la livre et le loyer à six shillings par semaine, il n'y a pas de quoi faire des folies. Heureusement, un jardinet, dont le tailleur lui laisse l'usage, permet la prisonnière d'améliorer son ordinaire. La gastronomie anglaise, à base de "monstrueux gigots", laisse le dragon Figueur de marbre. En revanche, en vrai soldat, Thérèse ne se refuse pas une lampée de bière, "un bon pot par jour"(huit pence), car elle la trouve vraiment "supérieure".
Libre au moment de la première abdication de l'Empereur, elle ne peut, malgré ses efforts, être présente à Waterloo. Pour Thérèse Figueur, le 18 juin 1815 sonne le glas de la vie militaire. Pendant la Restauration de 1815, elle tient un petit restaurant à Paris avec une dame Garnerin.
Le 2 juillet 1818, elle se marie avec un ami d'enfance, Clément Sutter, ancien dragon lui-même et rescapé de la campagne de Russie. Il la laisse veuve onze ans plus tard. Et ce n'est pas une aventurière, mais une pauvre petite vieille sans le sou qui achève sa vie à l'hospice des Petits-Ménages, où elle meurt le 4 janvier 1861, à l'age de quatre-vingt cinq ans, seule et jamais consolée de ne pas avoir reçu la Croix des mains de l'Empereur.
Robert Ouvrard

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Guy de Pontailler Seigneur de TALMAYGuillaume de Pontailler Seigneur de TALMAY

La Terre De Talmay

Il est peu de terre seigneuriale qui ait changé de main aussi rarement que celle de Talmay et qui se soit conservée dans son intégralité jusqu'à nos jours. Son histoire, qui reflète celle des grandes transformations de l'Etat social en France, se divise en cinq périodes correspondant au caractère de se possesseurs successifs :Le domaine royal, l'Eglise, la noblesse d'épée, la noblesse de Robe, l'industrie et la science.


Le Domaine royal

Vers l'an 293, la tribu des Attuariens défriche le territoire de Talmay qui, bientôt, fait partie du domaine royal. En 630, le roi Dagobert donne cette terre en bénéfice au Duc de Bourgogne Amalgaire.


L'église

Peu de temps après, Amalgaire en fait don à l'abbaye de Bèze, qui la conserve jusqu'au commencement du XIIIéme siècle. C'est pendant cette période qu'il est fait mention, pour la première fois dans les textes, de l'église Saint-Vallier de Talmay. Vers l'an 1008, les habitants, désireux de se mettre à l'abri des incursions ennemies, à cette époque où le château n'existait pas encore, se rendirent en grand nombre à Bèze, auprès de l'abbé Guillaume, qui gouvernait alors le monastère, et lui demandèrent l'autorisation de réunir leurs demeures autour de l'église. Telle fut l'origine du village actuel de Talmay.
Pourquoi et comment, vers cette époque, le domaine de Talmay est-il sorti des mains de L'abbaye de Bèze pour devenir la propriété des sires de Pontailler ?
On a pu en trouver la raison.

La noblesse féodale ou d'épée

La maison de Pontailler tire son origine d'Hugues Ier comte de Champagne de 1093 à 1125, qui avait épousé en seconde noces, vers 1095, Isabeau, fille d'Etienne Tête-Hardie, comte de Bourgogne. Elle mit au monde un fils que son mari désavoua et qui fut connu sous le nom de :
Eudes le Champenois(1137-1187) C'est la tige des Seigneurs de Pontailler et de Talmay. Il eu deux fils :
Eudes II et Guillaume Ier, qui prirent part à la quatrième croisade. Eudes mourut au siège de Constantinople. Guillaume mourut en 1210. De son troisième mariage naquirent Eudes III, sire de Lamarche et Guillaume II qui fut le premier des seigneurs de Talmay

Guillaume II (1200-1271) de Champlitte, sire de Pontailler seigneur de Talmay. De son mariage avec Catherine de Saulon, il eu de nombreux enfants, dont entre autres Guillaume III Vicomte de Dijon et Guy seigneur de Talmay

Guy Ier de Pontailler(1271-1314) Il avait épousé d'abord une fille de Richard d'Abbans, puis Agnès de Rans. Il laissa une fille, Simone et trois fils, Guillaume, Hugues et Huot.

Guillaume Ier sire de Talmay (1314-1333) Guillaume mourut sans laisser de postérité. Son frère Hugues lui succéda dans la seigneurie de Talmay.

Hugues(1333-1348) On pense, que c'est poussé par des besoins d'argent, qu'il abandonne de son vivant en 1348, le fief de Talmay à son fils Guy.

Guy II de Pontailler seigneur de Talmay(1348-1392) Le 28 janvier 1364, il fut nommé maréchal de Bourgogne. Les deux plus importantes de ses acquisitions furent celles de la seigneurie d'Heuilley, sur Guillaume de la Borde, écuyer(1368) et d'une partie de celle de Talmay relevant du fief de Pesmes sur Guyot d'Aubigny(1384) Marié deux fois , il eu plusieurs enfants dont Guy III, né de Marguerite D'Anglure, qui fut Chevalier de la Toison d'Or.

Guy III, plus connu sous le nom de Guyard de Pontailler(1392-1439) devint seigneur de Talmay à la mort de son père. Comme lui, il fut un homme de guerre consommé et un serviteur dévoué des ducs de Bourgogne. En récompense de son dévouement et de ses services, il fut nommé chevalier de la Toison d'Or en 1433. C'est à Guyard de Pontailler, que la communauté de Talmay doit la création de trois foires annuelles et d'un marché le mercredi de chaque semaine. C'est également lui qui fit construire, au côté droit du chœur de l'église Saint-Vallier, une chapelle en l'honneur de la Vierge Marie pour servir de sépulture à sa famille. Guyard de Pontailler se maria deux fois, il épousa Claude de Bourbon-Mnontperroux, puis Marguerite de Cusances qui lui donna un fils Guillaume.

Guillaume II (1439-1471) A la mort de Guyard de Pontailler, sa veuve eut la tutelle de leur fils << mineur d'ans et héritier seul et le tout de son père>>. Guillaume de Pontailler épousa Guillemette de Vergy le 2 mars 1452. De ce mariage naquit Jean Ier de Pontailler. Guillaume fut tué au cours d'un combat à Buxy-les-Chalon, le 14 mars 1471. Il a été inhumé dans la chapelle jouxtant l'église de Talmay.

Jean Ier de Pontailler (1471-1514) Il reçut en partage la seigneurie de Talmay à la mort de son père en 1471. Dés cette année, nous le trouvons dans les armées de Charles le Téméraire. A la déroute et mort du duc Charles devant Nancy le 5 janvier 1477, Jean Ier de Pontailler fut fait prisonnier par le comte de Campo Basso qui l'emmena en Lombardie. Le roi Louis XI le racheta au comte, le fit amener à Tours et lui confisqua tout ses biens. En échange d'une rançon de 10000 livres, payée par Guillaume de Vergy (Jean Ier de Pontailler épousa sa sœur Antoinette de Vergy le 1er mai 1481) il fut rendu à la liberté. En entrant au service du roi, il obtint la mainlevée de la seigneurie de Talmay. Jean de Pontailler épousa successivement Antoinette de Vergy puis Jeanne de Rochefort, dame de Chatillon-en-Bazois. De sa première union, il eut deux fils : Claude baron de Talmay et Guillaume seigneur de Vaulgrenant. Jean Ier de Pontailler mourut très vraisemblablement en 1514. Le 18 juin 1514, le dénombrement de la terre de Talmay est fait comme suit : << consistant en castel et maison forte, bastis d'une grosse tour carrée, de trois corps de maison et de quatre tours, garnys de fossés tout à l'entour, une basse cour où il y a un colombier, etc.>>

Claude de Pontailler (1515-1549) et son frère Guillaume sont coseigneurs de Talmay, jusqu'à la mort de ce dernier en 1528. A partir de cette date Claude devient seigneur de Talmay pour le tout. Claude mourut en janvier 1549. Il avait épousé Chrétienne de Chandio, qui lui donna une nombreuse postérité dont Louis de Pontailler son fils aîné.

Louis de Pontailler (1549-1558) reçut en partage la seigneurie de Talmay. En 1531 alors qu'il n'était encore que seigneur de Vaux, il épousa Marguerite de Ray dame de Pleurs. Louis de Pontailler mourut en 1558. Il avait trois fils, Jean, François et Claude. Après la mort de Louis de Pontailler, le substitut du procureur de Sens fit saisir féodalement la terre de Talmay.

Jean II (1558-1569), rendit foi et hommage pour la terre de Talmay le 20 août 1558 et obtint la mainlevée de la saisie. Il épousa Antoinette de Chandio. Jean de Pontailler, chevalier de l'ordre du roi fut mortellement blessé, le 3 octobre 1569 à la bataille de Montcontour, et mourut à Thouars des suites de ses blessures le 18 du même mois. Il fut inhumé dans l'église de Dienville, où on lisait l'épitaphe suivante avant la révolution :
Cy gist le vaillant cœur de Jehan de Pontailler
Qui fut de Thallemey, sieur et preu chevallier
De l'ordre de son roy et par ses grandes vaillances
Fut capitaine esleu ayant cinquante lances.
Blessé au liet d'honneur entre larmés(sic) du roy
Ou lieu dict Champbellan, combattant pour la foy
Lan mil cinq cens soixante et neufs c'est le nombre
Le jour de la saint Luc, le mardy en octobre
En Thouars au Poictou que led. Sieur est trépassé
Parquoy chascun dira Requiescat in pace
Amen.

Jean Louis de Pontailler (1570-1635), fils aîné de Jean II, fut le dernier représentant direct de la branche des Pontailler-Talmay. Mineur au moment de la mort de son père, il eut pour tuteur son grand oncle, Bernard de Pontailler, chevalier de l'ordre de Jérusalem. Les événements l'entraînèrent à des fautes politiques. Après avoir été capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi, il passa au service de la ligue. Le 1er mai1591, il fut fait prisonnier au château de la Motte-Ternans par le maréchal d'Aumont et conduit à Saulieu. Rentré au service du roi, il reprit le fort de Saint-Seine-sur-Vingeanne, sur les ligueurs en 1591. Ensuite, pris par des problèmes d'argent, il dilapida, morceau par morceau tout l'héritage qu'il détenait de ses ancêtres. Le 19 avril 1605, il vendit la seigneurie de Jancigny. Le 14 mars 1614 se fut le tour de celle d'Heuilley. Enfin, le 10 juin 1616, il échangeait à son gendre, Cléradius de Marmier, la terre de Talmay contre celle de Seveux, moitié de celle de Dampierre et les trois quart de celle de Charmes-Saint-Vaubert. Il épousa successivement, Anne de Vergy, le 15 avril 1589 et Claude de Villelume marquise de Meiximieux. C'est en 1635 que mourut le dernier seigneur de Talmay de la maison de Pontailler.

Cléradius de Marmier (1616-1630) devient seigneur de Talmay à partir de 1616. De noblesse franc-comtoise, il fut tout d'abord gentilhomme de l'archiduc Albert et de l'infante Isabelle-Claire-Eugénie. Il se distingua dans les guerres des Pays-Bas, mais, mécontent de n'avoir pas été choisi comme général de cavalerie, il se retira dans sa terre de Talmay et se tourna du côté de la France. Marmier qui était dans les rangs de l'armée française, vit son château de Talmay assiégé par quelques Comtois. Grâce au baron d'Arcelot et au courage des habitants, dont cinquante-deux furent victimes de ce coup de main, le château fut sauvé. Quelques mois plus tard, le village était ravagé par l'armée de Galas. Il ne resta debout que le château ; l'église fut incendiée. Marié à Claude-Renée de Pontailler, Cléradius Marmier eu cinq enfants :Jean-François et Juste morts sans alliance au service de la France, Béatrix qui fut religieuse à Gray, Madeleine-Diane et Jeanne-Alexandrine.

Madeleine-Diane de Marmier (1630-1662) dame de Talmay pour un tiers, épousa en 1630 Léonor Chabot comte de Charny décédé sans enfants le 24 mars 1641, puis Jean-Christophe de Mazancourt, vicomte de Corval tué à la bataille de Rethel. Elle mourut à Talmay, le 9 mai 1662, laissant six enfants

Après la mort de la vicomtesse de Corval, la baronnie de Talmay passa pour un tiers à sa fille Marguerite(1662-1685) épouse de Pierre Regnault des Landes comte de Vignory, sa tante Jeanne-Alexandrine, conservant les deux autres tiers. En 1661, cette terre fut saisie et administrée par des fermiers judiciaires pendant vingt-quatre ans. Enfin en 1685, elle sortit définitivement des mains des descendants de Guillaume de Champlitte après être restée quatre siècles et demi dans cette maison.


La noblesse de robe

Charles de Dordelu Garnier (1685-1692), argentier et conseiller du roi et son épouse Angélique de Carcani, deviennent propriétaire de la baronnie de Talmay à la chambre des criées du parlement de Paris, moyennant la somme de 76 000 livres. Mais dans une situation précaire, ils ne purent payer le prix de cette acquisition. Charles de Dordelu Garnier mourut à l'hotel-Dieu de Paris en 1692, pendant une nouvelle procédure de saisie.

Pierre 1er Fijan (1692-1715), seigneur des Grandes-Maisons, conseiller maître à la chambre des comptes de Paris, était déclaré adjudicataire, moyennant le prix de 58 200 livres, de la baronnie de Talmay, le 22 mai 1692. Pierre Fijan né en 1645 appartenait à une ancienne famille d'Avallon, anoblie en juillet 1645. Le nouveau baron de Talmay avait épousé, le 17 janvier 1676 à Paris Louise-Andrée Levieulx. Pierre Fijan trouva la terre de Talmay dans un état complet d'abandon. Depuis le 10 juin 1616, date à laquelle Jean-Louis de Pontailler l'avait échangée à son gendre, elle avait été à plusieurs reprises partagée, vendue et ses possesseurs, constamment en butte aux poursuites de leurs créanciers, l'avaient complètement négligée. Les malheurs des temps n'étaient pas étrangers non plus à cet état de choses : l'invasion de Gallas, en 1636, les passages continuels de troupes allant à la conquête de la Franche-Comté, ou en revenant, avaient fait des bords de la Saône un véritable désert.
De 1685, la mouvance de cette baronnie était en litige entre l'évêque de Langres et le roi de France. Sans doute, à l'origine les seigneurs de Talmay reconnaissait le premier pour suzerains, mais depuis 1348, c'est au roi qu'ils rendaient foi et hommage. Suite à un procès, terminé le 12 août 1692, déclarant que la terre de Talmay était << tenue en plein fief du roi, à cause de sa grosse tour de Sens>>, Pierre Fijan fit hommage au roi le 15 septembre 1692. Conscient de ses droits, il ne tarda pas à faire tout rentrer dans l'ordre. Cependant, l'harmonie était loin de régner dans la paroisse. Les procès succédant aux procès. En 1703, le curé et les habitants furent condamnés à porter honneur et respect au seigneur.

La division s'était introduite aussi dans son ménage. En 1705 Louise-Andrée Levieulx obtenait la séparation de biens contre son mari. A la mort de celui-ci, le 28 novembre 1716 à Dijon, la terre de Talmay fut attribuée à sa veuve qui, à partir de cette époque et jusqu'à sa mort (1716-1723), prend le titre de baronne de Talmay et administre la seigneurie.

Etienne et André Fijan, fils de Pierre Fijan et Marie-Andrée Levieulx, héritèrent de la terre de Talmay à la mort de leur mère.
Etienne Fijan (1723-1751), baptisé en l'église Saint-Paul de Paris, le 12 avril 1677, nommé conseiller au parlement de Bourgogne, le 15 janvier 1713, épouse le 30 janvier 1713 Marie de Bretagne.
Son frère André Fijan, né en 1678, mort en 1747, fut vicaire général du diocèse de Dijon, doyen de l'église collégiale de Saulieu, conseiller clerc au Parlement le 4 août 1711. La terre de Talmay resta dans l'indivision entre les deux frères et toute l'administration se fit en commun. L'abbé André Fijan est mort à Dijon le 19 avril 1747, il avait institué par testament sa nièce Madame de Nansouty pour son héritière universelle.
Etienne mourut le 20 novembre 1751 et sa veuve, Marie de Bretagne, le 27 août 1756. Ils laissèrent trois enfants :
André-Stanislas, prêtre, chapelain de la chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste à Auxonne en 1789, mort à Nancy en 1791.
Pierre, conseiller au parlement.
Jeanne-Marie, mariée à Etienne Champion.


Pierre II Fijan, baron de Talmay (1741-1791), est né le 1er mars 1714. Il épousa à Langres, le 23 mai 1741, Jeanne-Marie Petitot de Chalencey, qui mourut à Dijon le 30 mai 1743 laissant une fille de deux mois qui décéda au mois d'août suivant. Puis le 29 mars 1748 à Dijon Françoise de Bussy-la-Pesle qui ne lui donna pas d'enfant. Il marqua son passage par son zèle à secourir les malheureux de sa commune victimes de la disette qui régnait alors. Il sollicita et obtint le 15 décembre 1771 de Monseigneur l'Evêque de Dijon, l'autorisation de faire célébrer la messe aux prochains jours de fête, Noël, Saint-Etienne et l'épiphanie, dans la chapelle du château, qu'il venait de faire construire. En effet, l'ancienne maison forte de Talmay, bâtie par Guillaume de Pontailler au commencement de XIIIème siècle, tombait en ruines et répondait mal aux exigences de la vie d'un conseiller au Parlement. Dés 1753, il fait dessiner ses jardins, et de 1761 à 1764, il fait construire sur les plans de l'architecte D'Aviler l'élégant château qui s'éleva sur les ruines de l'ancien, à l'ombre du donjon fort heureusement conservé. Pierre Fijan mourut sans postérité à Dijon le 15 août 1791, juste à temps pour ne pas assister aux excès de la Révolution.

Eugène et Céline Champion de Nansouty, (1791-1801) Marie-Jeanne la sœur de Pierre Fijan, avait épousé, le 29 avril 1746, Etienne-Marie Champion de Nansouty. De ce mariage était né à Dijon, le 25 août 1749, Etienne-Louis Champion de Nansouty, conseiller au parlement de Bourgogne de 1768 à 1789, qui épousa, le 23 avril 1780, dans la chapelle de l'hôtel de Talmay à Dijon, Andrée-Marie Quarrée de Rusilly. Pierre Fijan, avait assuré la baronnie de Talmay à son neveu Etienne-Louis Champion de Nansouty, qui n'en fut jamais investi réellement, puisqu'il mourut six ans avant son oncle, le 7 septembre 1785, laissant deux enfants au berceau :Pierre-Marie Eugène, né le 11 septembre 1782 et Antoinette-Marie-Françoise-Céline, née le 21 août 1794. Ce fut à elle, que fut attribuée, lors de son mariage la terre de Talmay.

Marie-Françoise-Céline Champion de Nansouty (1801-1824) épousa, le 5 octobre 1801 Simon-Pierre-Bernard-Marie Ranfer de Monceau créé baron de Bretenières le 3 août 1822. En 1810, Monsieur de Monceau, cédait, par voie d'échange, à la commune de Talmay, la place de la halle, sur laquelle fut construite, en 1838, la nouvelle maison commune.


L'industrie et la science

Pierre-Auguste Floret(1824-1847), maître de forges à Pesmes, acheta du baron et de la baronne de Bretenières, l'ancienne terre seigneuriale de Talmay. Né à Lyon le 11 avril 1785, Auguste Floret était fils de Jean-Baptiste Floret et de Françoise Noirot, et neveu de François Noirot, homme de lois à Pontailler. Nommé conseiller municipal par arrêté préfectoral du 17 septembre 1830, élu aux mêmes fonctions le 8 septembre 1831. Auguste Floret démissionna le 10 mai 1836 et mourut au château de Talmay le 16 janvier 1847, sans alliance, laissant pour unique héritière, sa nièce Bonne-Isaure-Françoise Derrion-Duplan.


Madame Bonne-Isaure-Françoise Derrion-Duplan avait épousé le 24 octobre 1842, à Givry en Saône et Loire, le baron Paul Thénard, qui représenta le canton de Pontailler, au Conseil d'arrondissement, de 1852 à 1856 et au Conseil Général de 1856 à 1871. Il fut maire de Talmay de 1852 à 1866. Ses nombreuses relations dans le monde administratif, ses connaissances scientifiques, sa compétence en agriculture, les encouragements qu'il apporta à l'industrie locale, sa charité, ont fait de son administration, une période de grande prospérité pour la commune. On doit notamment au baron Thénard le choix de l'emplacement de la gare du chemin de fer à proximité du village, la création de la route du port Saint-Pierre, le percement de la rue Saint-Vallier, la rectification de la route départementale à son entrée dans le village, l'installation des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul comme institutrices communales, la lutte scientifiquement organisée contre l'épidémie cholérique en 1854, l'abondance des secours distribués aux victimes d'un incendie en 1864.
De 1860 à1867, le baron Thénard, fit construire une ferme modèle à Talmay et, le premier, introduisit dans la région l'usage des instruments agricoles, du drainage et des engrais chimiques. Il fut, non seulement un administrateur éclairé et un agriculteur averti, mais encore un savant. Ses études de chimie appliquée à l'agriculture lui valaient dés 1847, la croix de la légion d'honneur. En 1864, l'Académie des Sciences lui ouvrait ses rangs. Les services rendus par le baron Thénard, ne lui épargnèrent pas les douleurs de l'exil. Sa notoriété le désigna au gouvernement allemand, qui le choisit comme otage pendant la guerre de 1870. Admirable de dévouement, la baronne Thénard voulu partager le sort de son mari et fit, avec lui, le triste voyage de Talmay à Brême, où il fut séquestré pendant trois mois.
C'est à la baronne Thénard que la paroisse de Talmay doit l'agrandissement de la chapelle du Frêne et la construction des magnifiques bâtiments (aujourd'hui détruits), qui après la laïcisation de l'école publique en 1900, ont abrités les écoles libres de jeunes filles. Né à Paris le 6 octobre 1819, Paul Thénard est décédé à Talmay le 8 août 1884. Ses descendants sont toujours propriétaires du Château.


Aperçu historique d'après Gabriel Dumay.

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La prise d'otages de Maxilly-Talmay

En cette fin d'été 1944, la Résistance fut très active autour de Pontailler, où les maquis étaient nombreux. Outre les action de guérilla (attaque de convois et d'allemands isolés) menées un peu partout, la Résistance réussit des opérations spectaculaires : déraillement dans la tranchée entre Vonges et Pontailler (maquis Pierre Senard de longchamp), destruction des écluses (maquis de Pesmes) et du barrage d'Heuilley (maquis d'Essertenne), déraillement d'un train sanitaire (groupe de Talmay-Maxilly), réquisition de dizaines de tonnes de sucre (tous les maquis, dont certains fort éloignés), sabotage de la grue du port de Maxilly (groupe local) et surtout déraillement à Talmay, sabotage de la grue relevant les wagons, capture d'un groupe de 96 Allemands en train de déblayer les voies, mise hors de combat du poste de garde de Maxilly.(Actions menées par BDU3).

Prise d'otage

Fou furieux, le commandant allemand veut faire un exemple. Le 3 septembre, il ordonne la rafle des hommes de 16 à 60 ans, de Talmay et Maxilly, puis les villages seront brûlés. Quatre-vingt-deux otages sont embarqués dans deux wagons tirés par un train blindé, et emmenés en déportation.


Sauvés par l'aviation alliée

Les otages passent la nuit à Auxonne, puis le convoi est dirigé sur Genlis qu'il ne dépassera pas. En effet, le 4 septembre, des chasseurs alliés mitraillent le train à plusieurs reprises. La locomotive est hors d'usage et la voie a beaucoup souffert. Les otages sont ravitaillés par les vantaux des wagons, grâce à Monsieur Patouillet. Puis commence une interminable attente : des camions allemands doivent venir prendre les otages.

Libérés grâce aux cheminots

Après de longues tractations avec les Allemands, le chef de gare, Mr Pautot et le cheminot Marcel Prost obtiennent enfin la libération des 82 otages qui rejoignent à pied leurs villages respectifs. Ceux-ci, abandonnés par une grande partie de la population, ne brûlèrent pas, sauvés par l'arrivée d'un nouveau commandant allemand qui avait décidé d'abandonner les représailles. Le drame avait été évité de justesse.
A citer la belle conduite de plusieurs habitants de Maxilly :Maurice Savariat (17 ans) et Pierre Ménelon (15 ans)avaient réussi à échapper à la rafle et à gagner Heuilley. Au port Saint-Pierre, interceptés par une patrouille du maquis BDU3, ils avaient pu mettre le chef de ce dernier au courant des événements. Le chef du maquis confie à Savariat un pli pour le maire de Maxilly, contenant un ultimatum pour le commandant allemand :<<Si les villages sont brûlés ou les otages exécutés, je fais fusiller 1000 prisonniers. Ils sont en réalité une centaine que détient le maquis.
De son côté, dés l'après-midi du 3, Andrée Hennequin n'avait pas hésité à traverser le canal pour aller elle aussi prévenir le maquis BDU3.
Un pèlerinage annuel fut longtemps organisé sur les lieux où les otages avaient été libérés, grâce aux cheminots.
De nos jours, les deux villages, chaque année commémorent cet événement devant le monument aux morts.

Liste des otages de Talmay

Emile Bailly, Louis Bourgeois, Mr Chaveck, Eugène David, Joseph Dequincey, Bernard Déroze, Raoul Doras, Mr Doussot, Georges Druoton, Louis Druoton, Charles et Jean Dubois, Emile et Joseph Dupont, Georges Gautherot, Michel et Joseph Huot, Jean Humblot, jean Jobard, Antoine Juny, Charles Ledeuil, Jean Lhuillier, Henri et Auguste Logerot, Paul Louet, Julien Maréchal, Paul-Valentin Marin, Jean-Marie Marty, Emile Morel, Paul Mugnier, Gaston Passemard, Pierre Paviard, Mr Ragonneau, Henri Renoud, Marcel Robert, Henri Rollot, Julien Thevenin, Louis Thibault, Marius Thuet, Maurice Viard, Jean Verhann et Henri Garnier d'Essertenne.

Document tiré du journal Le Bien Public.


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La chirurgie et la médecine à Talmay


Les puissants seigneurs de la maison de Pontailler, qui possédèrent la terre de Talmay du XIIIème au XVIIéme usèrent, en faveur de leurs vassaux, de l'influence considérable qu'ils possédaient à la cour des ducs de Bourgogne.
C'est ainsi que, dés l'année 1428, Guy de Pontailler obtenait du roi de France et de Philippe le Bon des lettres patentes autorisant la création de foires et de marchés et que son fils Guillaume, par une charte du 18 février 1458, affranchissait les habitants de la taille et les plaçait dans les mêmes conditions que les hommes libres d'origine.
Grâce à cette situation privilégiée, le village prospéra. Aussi, voyons-nous de très bonne heure la paroisse pourvue de chirurgiens (1404), de notaires (1406), de recteurs d'école (1540), et d'une quantité d'artisans de tous métiers.
De 1404, date de la première apparition d'un chirurgien à Talmay, il faut franchir plus d'un siècle pour en trouver un second. Ce n'est pas à dire pour cela que, pendant cette période, la paroisse ait été dépourvue de secours médicaux. On doit en conclure seulement que les noms des praticiens de cette époque ne sont pas arrivés jusqu'à nous.
A partir de 1521 jusqu'à nos jours (vers 1900), la série des barbiers, chirurgiens, officiers de santé et docteurs en médecine est complète. On trouve même parfois deux praticiens exerçant en même temps. Pendant le XVIIème siècle et au commencement du XVIIIème, les chirurgiens étaient sédentaires, modestes, sans ambition et désireux seulement de succéder à leurs pères : c'est ainsi que l'on trouve une famille Crestiennot dont les membres exercèrent sans interruption la chirurgie dans la paroisse, de 1607 à 1741. Deux praticiens de ce nom, le père et le fils, tous deux portant le prénom de Denis, exercèrent pendant un laps de soixante-seize ans.
A la fin du XVIIIème siècle, et pendant le XIXème, au contraire, les chirurgiens deviennent nomades. Ceux qui exercèrent à Talmay étaient pour la plupart, étrangers au pays et, sauf quelques exceptions, n'y firent pas de longs séjours.
La mémoire de deux d'entre eux, cependant doit être particulièrement conservée, et leur conduite donnée comme exemple à leurs successeurs. Pierre Leclerc et Pierre Joliot, qui, à un siècle de distance, se dévouèrent à leurs concitoyens pendant les épidémies de pleurésie et de choléra qui décimèrent la commune, la première en 1758, la seconde en 1854.


Liste des chirurgiens, officiers de santé et docteurs en médecine ayant exercés à Talmay


Barbier Jean ……………………………………….1404
Thielley Guillaume…………………………………1521
D'Hallevin Guillaume………………………………1581-1582
Bouchier Denis……………………………………. 1603-1610
Crestienot Edme……………………………………1607-1626
Crestienot Denis (l'ancien)…………………………1642-1672
Crestienot Denis (le jeune)…………………………1678-1718
Le Jeune Henry……………………………………..1656-1680
Cristin Charles……………………………………….1660
Thibault Jacques…………………………………….1675-1685
Girard Augustin………………………………………1681-1709
Crestienot Didier……………………………………..1683-1694
Coffin François……………………………………….1688-1689
Lucot François………………………………………..1696-1723
Crestienot Claude…………………………….………1704-1750
Crestienot Michel……………………………………..1735-1741
Leclerc Pierre………………………………….………1746-1782
Gailleton Louis………………………………………...1758-1778
Regnault Hubert-Maurice…………………….………1779-1780
Rude Jean-Baptiste…………………………………..1781-1793
Tranchant André………………………………………1782-1786
Blandin Jean baptiste………………………………...1788-1815
Mouchet Jean-François………………………………1794-1795
Lagé François…………………………………………1795
Bornier Jean-Baptiste………………………………...1815-1827
Blandin Germain………………………………………1818-1820
Balorand……………………………………………….1820
Démaillet Jean………………………….1822-1824,1830, 1847
Bouchard François……………………………………1829-1831
Crissabre Pierre.…………………………………….. 1832-1833
Quirot Victor-Antoine…………………………………1834-1841
Magnien Philibert……………………………………..1842-1845
Joliot Pierre-Jacques…………………………………1844-1890
Bornier François………………………………………1848-1856
Venot Auguste-Jean dit Emile……………….………1858-1859
Jannin Jules-Nicolas……………………1861-1876, 1882-1892
Barthélemy Marie-Alphonse dit Emile Souloumiac.1876-1877
Revel Edouard-Philibert-Marie………………………1892-1894
Maitre Louis-Antoine-Emile…………………………..1897-


D'après Gabriel Dumay

 

Le combat de Mantoche (26 et 27 octobre1870)

Des événements de cette époque 1870-1871, il faut évoquer les circonstances de ce qui avait été "la bataille de Mantoche ", dont la tradition locale seule avait gardé des bribes de souvenirs.

Gilbert Roux, directeur de "la Presse Grayloise ", avec la collaboration éminente de M. Auguste Gasser, président de la société Grayloise d'émulation, a retracé les péripéties de ces combats, et de son héros longtemps inconnu, le capitaine Blondel.
La relation du combat qui eut lieu à Mantoche les 26 et 27 octobre 1870 a pu être établie d'après les documents officiels, du journal de la guerre de 1870 dans la Côte-d'Or, par M. Clément Janin, et les souvenirs les plus précis des habitants de Mantoche qui survivaient 30 ans après. Voici le combat de Mantoche tel qu'a pu le reconstituer Auguste Gasser.
Après la capitulation de Strasbourg, le général Cambriels se vit forcer d'abandonner la ligne des Vosges et de se replier sur le Doubs.
Le 15 octobre, un comité militaire fut nommé pour la défense de la Côte-d'Or. Il était présidé par le docteur Lavalle. Celui-ci, investi du titre de colonel, se porte en avant avec un corps d'environ 10200 hommes, composé de mobiles, de francs-tireurs et de volontaires. Ces troupes se réunirent à Pontailler, le 21, tandis qu'à Gray arrivait un corps de 3000 hommes d'infanterie allemande, une batterie d'artillerie et 150 uhlans. Ceux-ci firent des reconnaissances jusqu'à Essertenne le 22.
Le colonel Lavalle disposa ses forces de la façon suivante : A Renève, le 1er bataillon de Mobiles de l'Isère, commandant Vial, à Essertenne, 3ème bataillon de Mobiles de l'Isère, commandant Cadot, le 2éme bataillon des volontaires de la Côte-d'Or( moins les 3ème et 5ème compagnies), commandant Lesprit, la compagnie des francs-tireurs du Midi, capitaine Blondel et la compagnie des francs-tireurs de la Côte-d'Or, capitaine J-J Cornu.
Entre Essertenne et Mantoche, au lieu dit "le pont des Autrichiens " bois d'Apremont, on avait fait des abattis et des retranchements coupés par les 3ème et 5ème compagnies des volontaires de la Côte-d'Or, capitaine Blavier et Truchetet.
A Poyans, se trouvait le 1er bataillons des mobilisés de Côte-d'Or, capitaine Bertrand, à l'insu du commandement supérieur.
Le reste des troupes était échelonné à Talmay, Heuilley, Maxilly, Pontailler et Lamarche.

Telle était la situation, le mercredi matin 26 octobre. Le 23 par une pluie diluvienne, les francs-tireurs du Midi avaient détruit le pont d'Apremont. Ils n'avaient pas cessé depuis le 22, de servir d'éclaireurs aux corps de Lavalle, entre Essertenne et Gray.
Le mercredi 26, sur un ordre du quartier général, les volontaires de la Côte-d'Or, des capitaines Blavier et Tuchetet, quittèrent les retranchements du " pont des Autrichiens " pour rester à Pontailler. Ils furent remplacés par les francs-tireurs du Midi et de la Côte-d'Or.
Le capitaine Blondel partit en reconnaissance dans l'après-midi, et rencontra bientôt des troupes Badoises qui débouchaient de Mantoche. Le combat s'engagea ; un franc-tireur fut tué ; et le capitaine Blondel blessé à mort, un autre franc-tireur blessé, fait prisonnier. Le reste de la compagnie se replia sur les retranchements.
La résistance des francs-tireurs fut opiniâtre au "pont des Autrichiens " ; deux hommes furent blessés, mais à la tombée de la nuit, les colonnes allemandes menaçant de tourner les francs-tireurs, ceux-ci battirent en retraite sur Essertenne. Les Allemands occupaient Mantoche en force. Essertenne restait au pouvoir des français. Les mobilisés de la Côte-d'Or avaient quitté Poyans dans la journée, et au lieu de marcher au feu étaient arrivés le soir à Talmay.
Le 27 octobre, à 6 heures du matin, une reconnaissance forte de 50 hommes, commandée par le lieutenant Chermoz des mobiles de l'Isère, partit d'Essertenne vers Mantoche. Surprise par les Allemands, elle dut se replier avec une perte de 15 hommes, tués ou blessés. Les Allemands enlevèrent le village d'Essertenne, après une courte résistance, et le combat continua entre Essertenne et Talmay.
Il était terminé à midi, par la déroute des français (il faut rappeler que le général de Werder disposait à Gray de 60 000 hommes très fortement armés).
Les Allemands perdirent beaucoup de monde dans le combat de Mantoche. Tous leurs morts furent ensevelis le long de la route à l'exception d'un officier catholique Badois, qui fut inhumé le 27, au cimetière de Mantoche.

On apprit par la suite que la veille du combat, comme les mobiles s'étaient retirés à l'approche de l'ennemi, un habitant du village avait dit au capitaine Blondel :
_ " Vous allez sans doute faire comme les mobiles, et décamper quand les Prussiens viendront. "
Blondel répondit :
_ " Mes amis, quand je resterai seul avec ma compagnie, je résisterai ; vous vous souviendrez de moi ".
Le corps du capitaine Blondel ne fut retrouvé que le 18 novembre, dans le bois, à 150 mètres environ de la lisière, contre un chêne jumeau. Il était couché sur le dos, la tête appuyée contre l'arbre, les bras allongés, la ceinture percée de plusieurs coups de sabre ou de baïonnette, et la tempe traversée par une balle. Ses poches de pantalons et de vareuse étaient retournées.
D'après les documents des archives communales de Mantoche, les Allemands l'avaient dépouillé de son chapeau, d'une montre et de 3000 francs en or, sans doute après l'avoir achevé, selon l'opinion générale. On ne trouva sur lui qu'une commission de lieutenant des francs-tireurs du Midi, datée de Tours le 5 octobre, signée du ministre de la guerre, et portant, en apostille, la nomination de commandant de détachement, signée du général de division Courtois d'Henbal, commandant la 12ème division militaire. Il avait encore un portefeuille contenant quelques papiers insignifiants, deux portraits en photographie et une tresse de cheveux.
Mantoche était occupé par les Allemands, le maire fit des démarches pour inhumer le corps du capitaine Blondel au cimetière du village.
La permission fut accordée, à la condition que seules les personnes nécessaires au service assistent au convoi. C'est dans ces conditions que la sépultures ecclésiastique fut donnée au malheureux Blondel, et que sa tombe demeura oubliée depuis.
Le capitaine Blondel avait environ 27 ans, une taille de 1.75 m, les cheveux noirs, la barbe longue et peu fournie.

Toutes les recherches faites pour retrouver sa famille étaient restées infructueuses, lorsque l'annonce de la cérémonie des 14 et 15 décembre, paru dans "le Petit Journal " du dimanche 8, tomba sous les yeux d'un des anciens condisciples et compatriotes d'Albert Blondel. Il écrivit au maire de Mantoche les renseignements biographiques suivant :

" Né en 1843 à Villefranche de Rouergue, Albert Blondel était le 2ème fils de P Blondel, capitaine de gendarmerie ; sorti avec un bon numéro de l'école des Arts et Métiers d'Aix, il était employé dans une usine de Catalogne lorsque la guerre éclata . Sans hésiter, il revint d'Espagne et organisa une compagnie franche. C'était à la tête de cette formation qu'il est mort glorieusement à Mantoche. "

Aucun signe extérieur ne désignait sa tombe au cimetière de Mantoche ; l'emplacement lui-même était oublié. En décembre 1906, le fossoyeur vit apparaître, sur la tranche de la fosse, un cercueil qui s'entrouvrait ; entre les planches apparut un squelette vêtu d'un uniforme.
On le dégagea suffisamment pour constater que c'était bien la vareuse bleue, doublée de rouge, ayant sur les poignets trois galons d'or que portait le capitaine Blondel, d'après son acte de décès. Sous sa tunique, il portait un tricot de laine violette.
Aussitôt après cette découverte, M. Giraud, maire de Mantoche, et M.Gasser délégué du souvenir français, s'associèrent pour marquer désormais cette tombe par un modeste monument, financé moitié par les habitants sollicités par une collecte, l'autre par le souvenir français .

Si le hasard d'une promenade vous conduit dans les bois entre Mantoche et Essertenne au lieu-dit "chemin des Autrichiens ", vous trouverez, à l'endroit où il fut abattu, un calvaire portant le nom du capitaine Albert Blondel. Chaque 27 octobre et jusqu'à la seconde guerre mondiale, les anciens combattants venaient s'y recueillir et évoquer son sacrifice.
Si l'on en croit un poème épique publié par un avocat graylois, Milleret, le cadavre aux poches retournées aurait été dépouillé, non par les Prussiens, mais par des voyous de passage.

D'après Denise GUENARD extrait du livre 150 ans d'infos locales : La Presse de Gray



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